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Hugo Laroche

Analyses d'œuvres

Analyse : Sonate n° 16 en do majeur de Mozart

Publié le

Analyse de la Sonate en do majeur

La Sonate n° 16 en do majeur, KV 545, connue sous le nom de « Sonate facile », de Wolfgang Amadeus Mozart, est l’une de ses œuvres les plus célèbres et les plus accessibles. Écrite en 1788, cette pièce est très appréciée des pianistes débutants comme des pianistes avancés, en raison de sa beauté mélodique et de la clarté de sa structure.

Si vous souhaitez que je vous explique cette sonate en cours, contactez-moi.

Premier mouvement en do majeur

EXPOSITION : mesures 1-4 : premier thème à la tonique. Mesures 5-13 : transition. Certains théoriciens considèrent cette section comme faisant partie du premier thème mais, comme les mesures 5-9 forment une séquence ininterrompue qui conduit à l’harmonie de dominante, beaucoup la considèrent comme de nature transitoire.

Mesures 14-26 : second thème en sol majeur (dominante). La remarque faite à propos d’une sonate précédente, selon laquelle il est inhabituel qu’un second thème ne comporte qu’une seule section, ne s’applique évidemment pas à des mouvements aussi courts et simples que celui-ci. Notez que les mesures 18-21 forment une séquence tonale descendante.

Mesures 26-28 : codetta. On considère généralement que ces mesures forment une codetta. Cependant, dans certaines analyses du mouvement, le second thème est indiqué comme se poursuivant jusqu’à la double barre.

Double barre et reprise.

Analyse Mozart

DÉVELOPPEMENT : mesures 29-41 : le court développement travaille les figures de la codetta, en alternance avec des passages de gammes ascendantes et descendantes fondés sur ceux entendus dans la transition. Il commence par une reprise des figures de la codetta, ici transposées de sol majeur à sol mineur et, après avoir modulé vers les tonalités de ré mineur, la mineur, do majeur et de nouveau la mineur, il s’achève sur la septième de dominante de fa majeur, la tonalité de la sous-dominante, tonalité très inhabituelle dans laquelle a lieu la réexposition du premier thème.

RÉEXPOSITION : mesures 42-45 : premier thème en fa majeur (sous-dominante). La réintroduction du premier thème dans la tonalité inhabituelle mentionnée rend cette sonate particulièrement remarquable, car on trouve peu d’exemples de ce procédé. L’origine de ce procédé est attribuée au souhait que le rapport entre les tonalités des deux thèmes dans la réexposition corresponde au rapport existant entre leurs tonalités d’origine dans l’exposition. (Dans les deux parties, la tonalité du second thème est une quinte au-dessus de celle du premier thème.)

Mesures 46-58 : transition. La transition réapparaît allongée : toute la première phrase est reprise, avec les parties inversées, et module cette fois vers do majeur (la tonique).

Mesures 59-71 : second thème à la tonique. Le second thème réapparaît dans la tonalité de la tonique.

Mesures 71-73 : codetta.

Double barre et reprise.

Deuxième mouvement en sol majeur

SECTION I : mesures 1-18 : section i : phrase de seize mesures à la tonique.

8 mesures qui se terminent par une demi-cadence (mesures 1-8). Variation des 8 mesures précédentes, se terminant par une cadence parfaite (mesures 9-16). Double barre et reprise.

Mesures 17-24 : phrase de huit mesures en ré majeur (dominante). Ce nouveau thème est fondé sur la section i. À noter : la séquence dans la mélodie, mesures 17-20, et dans les deux parties, mesures 21-22. Mesures 25-32 : reprise des huit dernières mesures de la section i, à la tonique.

Double barre et reprise.

Analyse de la Sonate en do majeur

SECTION II : épisode. Cet épisode ne contient pas de nouveau thème ; il repose entièrement sur ceux de la section I, à la douce tendresse desquels s’ajoute un pathétisme indescriptible par la modulation du mode majeur au mode mineur, dans lequel cette section est écrite.

Mesures 33-40 : phrase de huit mesures en sol mineur et si bémol majeur. Commençant à la tonique mineure, l’épisode module à la mesure 37 vers si bémol majeur et, à la mesure 41, vers do mineur, après quoi il revient à sa tonalité d’origine, sol mineur.

Mesures 41-48 : phrase de huit mesures en do mineur et sol mineur.

SECTION III : mesures 49-64 : reprise de la première phrase de la section I. Seule la première phrase de la section I est reprise.

Mesures 64-74 : coda. Il y a une modulation passagère vers la tonalité de la sous-dominante aux mesures 65-66, reprise aux mesures 69-70. Le second accord de la mesure 70 est pris comme un renversement de la neuvième mineure sur la sus-tonique dans cette tonalité, mais il est quitté comme un renversement de la neuvième mineure de dominante en sol majeur.

Troisième mouvement en do majeur

Cette analyse illustre la façon dont Mozart structure le troisième mouvement de la Sonate KV 545, en employant la forme rondo pour explorer et varier le thème principal à travers différentes tonalités et différentes émotions, tout en assurant la cohésion et l’unité de la composition.

Le troisième mouvement de la Sonate KV 545 de Mozart se décompose comme suit, en soulignant ses divisions et ses articulations fondamentales :

Sonate de Mozart

  • Première exposition du thème « A » en do majeur : mesures 1-8, on introduit le motif principal du rondo, en montrant comment, dès cette section initiale, se met en place la base du développement de la composition.
  • Passage de transition : mesures 9-12, on discute la controverse sur le début de la section « B », pour conclure que cette partie agit plutôt comme une transition vers la variation thématique dans la tonalité de contraste.
  • Premier couplet « B » en sol majeur : mesures 13-16, on examine l’adaptation du thème principal dans une nouvelle tonalité, en soulignant la condensation et la restructuration du matériau thématique.
  • Enchaînement : mesures 17-20, on décrit l’enchaînement qui ramène au thème principal, en détaillant le changement fonctionnel de la tonalité, de tonique à dominante.
  • Deuxième présentation du thème principal : mesures 21-28, elle conserve la structure originale du thème, sans la répétition initiale.
  • Deuxième couplet « C » en la mineur : mesures 29-52, on détaille un changement modal vers la tonalité relative mineure, en soulignant les variations dans le traitement thématique et cadentiel.
  • Coda : on analyse la structure de la coda, qui reflète l’utilisation du matériau de transition et de l’expansion cadentielle, en refermant la composition par une organisation méticuleuse qui conduit au dénouement final.

Après une analyse minutieuse de cette pièce, on parvient à plusieurs conclusions fondées sur l’interaction entre ses divers segments. En outre, des comparaisons détaillées révèlent des schémas et des techniques de composition récurrents, mettant en évidence la sophistication et la complexité que le compositeur a intégrées dans cette œuvre précise.

La simplicité apparente du thème initial a d’abord retenu mon attention. Évaluer l’influence sonore de la musique est complexe, en raison de sa nature abstraite. Malgré mon grand respect et mon admiration pour Mozart, je suis enclin à considérer que le thème n’est pas seulement simple, mais peut-être trivial. La sonate n° 16, connue sous le nom de « sonata facile », écrite dans la brillante tonalité de do majeur et ne comptant que 73 mesures, est le mouvement final le plus court des 18 sonates de Mozart. Cela pourrait suggérer une œuvre « facile » ou « simple ». Pourtant, un examen approfondi du rondo révèle une sophistication et une profondeur remarquables. Ceux qui la jugent « facile » devraient garder à l’esprit qu’elle appartient à la Sonate KV 545, c’est-à-dire son œuvre numéro 545, composée à 32 ans (Mozart est mort à 35 ans), ce qui correspond à une période de maturité de sa vie et suggère qu’il ne s’agissait pas simplement d’une création mineure ou « enfantine ».

Analyse Mozart

Ce qui a également attiré mon attention, c’est sa longueur : seulement 73 mesures. La structure de l’œuvre, qui alterne refrains et couplets variés, pourrait laisser penser qu’elle serait plus étendue. Parmi les 18 sonates de Mozart, ce rondo est le plus court, par contraste avec le plus long, celui de la Sonate KV 457, qui compte 319 mesures. Il est admirable de voir comment Mozart parvient à condenser autant d’expression dans un espace aussi réduit, ce qui m’amène à recommander vivement l’étude de ce rondo dans l’enseignement musical, tant en analyse qu’en composition.

Le matériau utilisé dans cette composition est remarquablement limité : il se concentre sur des croches et des doubles croches employées de façon constante dans les différents segments :

  • Dans les segments « A », « B » et « C », les croches sont utilisées pour les thèmes, toujours à quatre voix, tandis que les doubles croches sont réservées aux segments cadentiels, généralement à la main droite.
  • Pendant les transitions, les expansions cadentielles et la coda, l’usage des doubles croches prédomine aux deux mains, la main gauche adoptant souvent le motif de basse d’Alberti, caractéristique du classicisme, et présentant une texture moins dense.

Les tonalités employées dans les différentes sections sont typiques de cette forme musicale : le refrain à la tonique (do majeur), le premier couplet dans la tonalité de contraste (sol majeur) et le second dans la tonalité relative (la mineur). Bien qu’elle suive des centres tonaux courants, la structure de chaque section montre un degré élevé d’élaboration, suggérant une approche presque mathématique plutôt que purement artistique.

Analyse Mozart

Pour mieux comprendre cette œuvre, il est essentiel d’analyser les proportions thématiques : on observe que, tandis que les refrains suivent un schéma de 8 mesures, les couplets « B » et « C » s’adaptent proportionnellement, « B » étant la moitié (4 mesures) et « C » le double (16 mesures). Cette organisation souligne l’ingéniosité avec laquelle Mozart manipule les proportions thématiques au sein de la structure du rondo.

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