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« Sé quién soy (Alternative Version) » d'Angy, composée par Olga Domínguez et Hugo Laroche
Publié le · Mis à jour le

Si vous ne l’avez pas encore écoutée, vous pouvez écouter la version alternative sur YouTube.
La page blanche
Au moment d’entamer n’importe quel processus créatif, la première étape est de surmonter la peur de la page blanche. Il y a tant de possibilités quand on compose ! Cette fois-ci, comme il s’agissait d’une version, nous disposions déjà de l’harmonie du morceau original, mais il restait encore beaucoup de choix à faire : le type d’accompagnement, le rythme, l’instrumentation…

Olga Domínguez de León au studio d’enregistrement – Madrid
Par où commencer ? Nous avons décidé de partir du texte. Nous voulions créer une musique qui mette en relief son contenu, c’est-à-dire la douleur de s’être sentie perdue, d’avoir souffert d’anxiété ou de dépression et, malgré tout, d’avoir la volonté et l’espoir de s’en sortir.
Nous nous sommes rendu compte que des phrases comme « No sé si ser real es suficiente » (« Je ne sais pas si être vraie suffit ») ou « Cuando me dijeron no » (« Quand on m’a dit non ») étaient très dures, et nous voulions laisser de l’espace pour que l’auditeur puisse ressentir cette douleur. Cela nous a conduits à ajouter une mesure (dans le premier cas) et deux temps (dans le second) pour créer cet espace, en rompant la symétrie du morceau original. Dans ces mesures ajoutées sonnent des harmonies dissonantes, inspirées du bruit du verre qui se brise.
La transformation de « Sé quién soy »

Angy dans le clip réalisé par Victor Vega
Cette idée d’asymétrie nous a plu parce qu’elle collait à la sensation d’instabilité que l’on éprouve quand on traverse des moments difficiles. C’est pourquoi l’introduction de cette version est elle aussi asymétrique : quatre mesures plus deux mesures (au lieu des quatre plus quatre habituelles). Au passage, l’introduction s’inspire elle aussi du texte : les premières notes ascendantes évoquent le rideau qui s’ouvre, et les appoggiatures descendantes insistantes, la peur ou la tristesse d’affronter le public, c’est-à-dire la vie.
À partir de là, tout a roulé. Le morceau n’avait plus qu’à prendre de la force :
- un rythme de plus en plus énergique, jusqu’à devenir irrésistible avec les arpèges de la fin,
- un phrasé de plus en plus symétrique, pour transmettre de la stabilité,
- des harmonies de plus en plus consonantes, jusqu’à devenir très lumineuses dans la coda finale, qui est en mode majeur, à la différence du morceau original qui se termine en mineur. Nous avons même décidé d’ajouter une septième majeure sur les derniers accords, pour apporter cette sensation de calme, de détente et de plénitude après la tempête.
Pourquoi cette instrumentation ?
Nous avons décidé de faire appel à deux instruments à cordes, en plus du piano, parce que nous voulions un son intime et chaleureux. Les cordes, jouées par Irene Ortega au violon et Sara Ortega au violoncelle, reflètent le combat d’Angy : le violoncelle descend, le violon tente de monter. Peu à peu, les deux mélodies, la sombre et la lumineuse, unissent leurs forces jusqu’à atteindre la note la plus aiguë de la chanson : l’harmonique du violon à la fin, comme ce petit rayon de soleil qui se glisse entre les nuages noirs pour vous dire : « c’est passé, tout va bien, tu peux le faire ».

Quelle a été la partie la plus difficile ?
Le plus difficile a été de créer un passage de musique entièrement nouveau pour remplacer le passage instrumental du morceau original, tellement rock que nous ne pouvions pas l’adapter au style intime de notre version. Olga et moi avons travaillé ici en équipe, en partageant les mélodies qui nous venaient à l’esprit, jusqu’à ce que naisse le dialogue entre le violon et le piano, avec des mélodies qui descendent et qui montent, des notes qui tentent de sortir de l’obscurité sans encore tout à fait y parvenir.
Qu’est-ce qui a été le plus facile ?
Le plus facile a été, sans aucun doute, d’enregistrer le morceau avec Angy. Aucune répétition n’a été nécessaire : Angy a réussi du premier coup à lui donner le caractère que nous avions imaginé, complètement à l’opposé du style dans lequel elle chantait depuis des mois pour le « Benidorm Fest ». Sa voix s’est adaptée, en lui apportant le timbre, la dynamique et l’émotion nécessaires. Ce fut très émouvant et nous avons tous fini en larmes. Merci Angy de nous avoir fait confiance. Nous avons pris beaucoup de plaisir à créer cette version, qui peut plaire plus ou moins, mais qui « es única en el universo » (« est unique dans l’univers ») 😉

Ce fut un plaisir de partager avec vous le processus de création de cette version. Si vous souhaitez que nous vous fassions un arrangement ou que nous composions une chanson, contactez-nous. Nous serons ravis !