Harmonie
L'accord de neuvième de dominante
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Origine de l’accord de neuvième de dominante
L’accord de dominante avec neuvième naît de l’emploi de l’appoggiature (ou du retard) supérieure de la fondamentale doublée dans un accord de septième de dominante (a). Si, au départ, l’appoggiature se résolvait à l’intérieur de l’accord (b), elle prit ensuite le caractère de note réelle de l’accord (c), en se résolvant sur l’accord suivant. Cet accord fut surtout utilisé durant la période romantique, quoique sans excès, et on le rencontre plutôt comme produit de notes étrangères.

Construction de l’accord
L’accord de neuvième de dominante se forme en ajoutant une tierce au-dessus de l’accord de septième de dominante. Cette tierce forme un intervalle de neuvième avec la fondamentale.
L’accord du mode majeur est dit de « neuvième majeure », et celui qui se forme dans le mode mineur, de « neuvième mineure ».

Les relations intervalliques de ces accords sont celles de l’accord de septième de dominante, plus la neuvième majeure ou mineure, selon qu’il s’agit de l’un ou de l’autre.
Neuvième majeure : F + 3M + 5J + 7m + 9M
Neuvième mineure : F + 3M + 5J + 7m + 9m
Emprunts entre les modes majeur et mineur
Accord de neuvième majeure
Cet accord ne peut s’employer que dans le mode majeur, car dans le mode mineur il se produit une contradiction avec la neuvième :
- D’une part, elle est la dissonance de l’accord et tend à descendre d’un degré
- D’autre part, elle est la sixte dorienne et tend vers la sensible
Accord de neuvième mineure
Cet accord, propre au mode mineur, peut aussi s’employer dans le majeur, car la neuvième, en tant que dissonance, tend à descendre d’un degré, et en tant qu’altération descendante, également.
Disposition de l’accord
Comme nous le savons déjà, selon la note de l’accord qui se trouve à la basse, la disposition de l’accord change. D’après cela, l’accord pourra être à l’« état fondamental » et devrait avoir quatre renversements, mais le quatrième renversement ne se pratique pas, car la neuvième à la basse entraînerait une faute dans l’emploi de la note étrangère qui lui donne naissance (qu’il s’agisse d’un retard ou d’une appoggiature). Comme nous le verrons en parlant des notes étrangères, une note retardée ou appuyée ne doit pas être doublée à une voix plus aiguë.

Chiffrage par intervalles

L’intervalle de neuvième ne doit pas être réduit à un intervalle de seconde, car une appoggiature ou un retard ne peuvent pas se résoudre à l’unisson ; l’accord de neuvième ne se conçoit donc pas comme un accord de « seconde », ce qui pourrait donner lieu à plusieurs frottements de seconde simultanés, le rapprochant ainsi du « cluster » (grappe, agrégat) typique du XXe siècle.


Résolutions et enchaînements
- Résolution
Par sa fonction tonale, il se résout sur la tonique, mais il ne s’emploie pas pour réaliser des cadences rompues.
- Enchaînements
Il faut aborder les intervalles dissonants avec la basse en les préparant ou par mouvement contraire.

Écriture à quatre voix
Comme l’accord comporte cinq sons, à quatre voix il faut en supprimer un. Comme dans l’accord de septième de dominante, on ne peut ici se passer que de la quinte de l’accord.
La raison, pour les deux accords, est simple. Voyons ce qui se passerait en supprimant chacune des notes :
- Si l’on supprime la fondamentale, on obtient d’autres accords, différents, qui se forment sur la sensible.
- Les notes attractives (tierce, septième et neuvième), dans l’« harmonie d’école » (ou « scolastique »), ne peuvent être ni supprimées ni doublées.
- Il ne reste que la quinte de l’accord, la seule que l’on puisse supprimer.
Écriture à cinq voix
Seulement lorsqu’il est impossible de l’écrire à quatre voix, on fera un « divisi » à l’une des voix (procédé par lequel une voix se dédouble en deux), et l’on reviendra à l’unisson dès que possible.
Observations sur le divisi :
- Au début du divisi, on doit placer l’abréviation « Div. » au-dessus des premières notes du dédoublement.
- Comme deux voix sont écrites sur la même portée, la voix aiguë aura les hampes vers le haut et la voix grave les hampes vers le bas.
- Le divisi se termine par un retour à l’unisson, qui doit être indiqué par l’abréviation « Unis. ». L’arrivée à cet unisson peut se faire par mouvement direct.
Disposition des notes de l’accord
Étant donné l’origine de la neuvième (elle provient d’un retard ou d’une appoggiature) et conformément aux règles de ces notes étrangères :
- La neuvième doit toujours se trouver au-dessus de la fondamentale
- La neuvième doit toujours se trouver à distance de NEUVIÈME, ou plus, de la fondamentale
Et, de plus, pour l’accord de neuvième majeure :
- La neuvième doit toujours se trouver au-dessus de la sensible.
Il faut tenir compte de la disposition des notes de cet accord également dans les renversements.
- Résolutions
Les dissonances doivent toujours se résoudre selon leur tendance naturelle, qui est le mouvement conjoint descendant.
Note à note, il se résout comme l’accord de septième de dominante. La neuvième descend par degré conjoint.

Conclusions
L’accord de neuvième de dominante élargit la sonorité et le potentiel expressif de la fonction de dominante en ajoutant une note supplémentaire qui intensifie la tension harmonique vers la résolution. Cet accord combine la force directionnelle de la dominante avec une couleur harmonique plus grande, créant un effet plus riche et plus sophistiqué. Son emploi se distingue particulièrement dans les passages où l’on cherche à intensifier l’élan vers la tonique ou à enrichir le contexte harmonique sans perdre la clarté fonctionnelle. En définitive, l’accord de neuvième de dominante est un outil essentiel pour apporter profondeur et dynamisme à la progression tonale. Si vous avez besoin d’aide sur cette notion ou sur une autre, n’hésitez pas à me contacter depuis mes cours d’harmonie en ligne.