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Hugo Laroche

Harmonie

La modulation en musique

Publié le · Mis à jour le

La modulation en musique

Les types de modulation en musique

La modulation en musique est une technique essentielle qui consiste à passer d’une tonalité à une autre au sein d’une composition. Ce procédé apporte de la variété et de l’émotion à une pièce, en permettant au compositeur d’explorer différentes atmosphères et différents climats expressifs. Si vous souhaitez approfondir ce sujet, pensez à suivre des cours d’harmonie en ligne. Voici les types de modulation les plus courants que vous pouvez rencontrer.

La modulation diatonique

La modulation diatonique est l’une des façons les plus douces et les plus courantes de changer de tonalité. Elle s’effectue au moyen d’accords communs aux deux tonalités. Ce type de modulation est fréquent dans la musique classique comme dans la musique populaire, car il permet une transition fluide et presque imperceptible.

  • Exemple : modulation de do majeur à sol majeur en utilisant l’accord de sol (G), commun aux deux tonalités.

La modulation chromatique

La modulation chromatique est un procédé harmonique qui s’appuie sur le chromatisme pour moduler. Elle permet de moduler à une distance tonale plus grande que la modulation diatonique.

Procédé pour moduler

La modulation chromatique, comme la diatonique, se fait en quatre étapes :

  1. Définir la première tonalité.
  2. Choisir un accord de la première tonalité contenant une ou plusieurs notes caractéristiques.
  3. Choisir un accord de la seconde tonalité contenant une ou plusieurs notes caractéristiques communes avec l’accord précédent, et l’écrire en chromatisant ces notes.
  4. Définir la seconde tonalité.

Transformation chromatique d’un accord

On entend par transformation chromatique l’enchaînement chromatique entre deux accords, avec ou sans notes communes, comme c’est le cas des accords situés aux deuxième et troisième étapes.

Les possibilités de transformation sont les suivantes :

  1. Triade en triade
  2. Triade en accord de septième
  3. Accord de septième en triade
  4. Accord de septième en accord de septième

Des accords de neuvième peuvent aussi y participer, bien que ce soit moins habituel. Par ailleurs, l’espèce des deux accords peut être la même ou différente.

Les règles d’enchaînement pour la transformation chromatique sont les suivantes :

  1. Le chromatisme est traité comme s’il s’agissait d’une note commune (il faut donc éviter la fausse relation).
  2. Il est conseillé, mais pas obligatoire, qu’il y ait au moins une note commune entre les accords enchaînés (en plus du ou des chromatismes).
  3. Si le premier accord contient des notes attractives, il n’est pas obligatoire de les résoudre, mais elles peuvent l’être.
  4. Il est conseillé, si possible, de conserver les notes communes en liaison harmonique.

Exemples de modulations chromatiques :

Modulation chromatique

Modulation chromatique 1

Fausse relation chromatique

  • Rappelons ici que la fausse relation est admise lorsque des accords de septième interviennent (si les deux notes en fausse relation se résolvent par mouvement conjoint).
  • La fausse relation est également admise si la seconde note du chromatisme est à la basse et qu’il s’agit d’une sensible qui se résout sur la tonique :

Modulation chromatique 2

La modulation composée

Il s’agit d’enchaîner une série de modulations qui conduisent progressivement de la tonalité de départ à celle d’arrivée.

La modulation composée utilise les tonalités intermédiaires du cycle des quintes situées entre la tonalité initiale et la tonalité finale pour les relier progressivement ; elle enrichit en outre le processus de modulation en créant un pont entre les deux tonalités. Le procédé est le suivant :

  1. Définir la première tonalité.
  2. Moduler vers une ou plusieurs tonalités intermédiaires.
  3. Moduler vers la tonalité d’arrivée.
  4. Les tonalités intermédiaires sont « de passage » : il ne faut donc pas y insister, et l’on peut même omettre leur tonique.

Modulation composée

Dans l’exemple ci-dessus, le parcours tonal part de do majeur, passe au relatif mineur (la mineur), puis par mi mineur (avec une altération de plus), et de là rejoint la tonalité finale, ré majeur.

Tonalités intermédiaires

En plus de moduler vers n’importe quelle tonalité intermédiaire entre la tonalité initiale et la tonalité finale, on peut aussi recourir à des procédés tels que :

  1. Le changement de mode
  2. Les marches harmoniques modulantes
  3. Les marches de septièmes (nous le verrons plus loin)
  4. D’autres harmonies errantes (nous le verrons plus loin)

Modulation composée

La modulation par emprunt modal

Cette modulation (emprunt modal) consiste à passer d’une tonalité à une autre en utilisant des accords qui appartiennent à des modes différents mais qui partagent la même tonique. C’est une technique qui apporte richesse harmonique et couleur à la musique.

  • Exemple : modulation de do majeur à do mineur au moyen de l’accord de la bémol majeur (Ab), accord typique du mode mineur.

Les types de modulation en musique

La modulation par dominante secondaire

Cette technique utilise une dominante secondaire, c’est-à-dire un accord de septième de dominante qui se résout sur un accord d’une nouvelle tonalité. C’est une méthode très efficace pour introduire de nouvelles tonalités de façon naturelle.

Lorsque la dominante secondaire appartient à la première tonalité :

  1. Définir la première tonalité.
  2. Choisir une dominante secondaire.
  3. La considérer comme :
  • a) accord commun d’une autre tonalité ;
  • b) dominante (secondaire ou principale) d’une autre tonalité ;
  • c) accord à transformer chromatiquement.
  1. Définir la tonalité d’arrivée.

Lorsque la dominante secondaire appartient à la seconde tonalité :

  1. Définir la première tonalité.
  2. Choisir un accord à transformer chromatiquement en dominante secondaire d’une autre tonalité.
  3. Résoudre cet accord de façon normale ou exceptionnelle.
  4. Définir la tonalité d’arrivée.

Accord commun

Accord commun

Dominante secondaire commune

Dominante secondaire commune

Transformation chromatique de la dominante secondaire

Transformation chromatique de la dominante secondaire

Transformation chromatique en dominante secondaire

Transformation chromatique en dominante secondaire

La modulation par enharmonie

L’enharmonie est la capacité qu’a une note de recevoir plus d’un nom, selon la tonalité choisie.

On peut ainsi opérer des changements enharmoniques sur des notes et des accords pour les considérer comme appartenant à une autre tonalité.

Enharmonie 1

Dans les exemples, les analyses et les exercices, les notes enharmoniques peuvent apparaître reliées par des liaisons en pointillé, ou être indiquées entre parenthèses en petites notes.

Enharmonie 2

Cette modulation consiste à enharmoniser une ou plusieurs notes d’un accord qui, appartenant à une tonalité, passe après transformation à une tonalité différente.

Il s’agit en réalité d’une modulation par « son commun », dans laquelle chaque note commune de l’accord initial devient un facteur différent dans le second accord :

Enharmonie 3

Pour la modulation par enharmonie, on peut utiliser toutes sortes d’accords empruntés : dominantes et sous-dominantes secondaires, emprunts au mode opposé, etc.

Types d’enharmonie

  • Enharmonie totale

On l’obtient en enharmonisant toutes les notes d’un accord, sans exception. Elle sert principalement à simplifier l’écriture. Dans l’enharmonie totale, on peut :

a) Enharmoniser toute une tonalité (ré bémol mineur / do dièse mineur).

b) Enharmoniser un accord complet et l’utiliser comme accord commun.

Enharmonie 4

  • Enharmonie partielle

On l’obtient en enharmonisant une ou plusieurs notes d’un accord, mais pas toutes. Il existe deux types d’enharmonie partielle :

  1. Celle qui donne lieu à des accords qui, après l’enharmonie, sonnent de la même façon.
  2. Celle qui donne lieu à des accords qui, après l’enharmonie, sonnent différemment.

Transformation enharmonique entre accords qui sonnent de la même façon (accords symétriques).

Elle n’est possible qu’entre accords symétriques, c’est-à-dire ceux formés par la superposition d’un même intervalle jusqu’à fermer le cycle par enharmonie.

Les possibilités par superposition de tierces sont :

  1. L’accord de quinte augmentée : formé de tierces majeures.
  2. L’accord de septième diminuée : formé de tierces mineures.

L’accord de quinte augmentée : on le trouve sur le troisième degré du mode mineur et, par emprunt, du mode majeur aussi. On le trouve également sur le sixième degré abaissé du mode majeur.

Ainsi, grâce à l’enharmonie, un seul accord peut s’interpréter de plusieurs façons :

Enharmonie 5

Il n’y a pas ici quatre sonorités différentes : il s’agit de la même sonorité, mais grâce à l’enharmonie on peut considérer qu’elle est à l’état fondamental ou dans n’importe quel renversement, en sonnant exactement de la même façon.

L’accord de septième diminuée

On le trouve sur le septième degré (sensible) des deux modes. Un même accord peut donc s’interpréter dans quatre tonalités différentes ou, ce qui revient au même, chaque note de l’accord peut s’interpréter comme sensible d’une tonalité.

Enharmonie 6

Comme ces deux accords sonnent de la même façon à l’état fondamental et renversés, et qu’ils ne changent pas d’espèce lorsqu’on les enharmonise partiellement, ils peuvent conserver la même fonction tonale après les changements enharmoniques, quelle que soit la tonalité à laquelle ils appartiennent.

Compte tenu de ces enharmonies, on observe qu’il n’existe que quatre accords de quinte augmentée et trois accords de septième diminuée.

L’enchaînement peut se faire en conservant toutes les notes communes (cas le plus courant), ou en changeant de position les voix qui ne sont pas des enharmonies.

Enharmonie

Transformation enharmonique entre accords qui ne sonnent pas de la même façon

Cette transformation est semblable à la transformation chromatique d’un accord.

Concept

La transformation enharmonique d’un accord est l’enchaînement de deux accords ayant au moins une note commune par enharmonie.

Possibilités

Normalement, ce sont des triades ou des accords de septième qui participent à la transformation :

  1. Triade qui enharmonise avec une autre triade
  2. Triade qui enharmonise avec un accord de septième
  3. Accord de septième qui enharmonise avec une triade
  4. Accord de septième qui enharmonise avec un autre accord de septième

Des accords de neuvième peuvent aussi intervenir, bien que ce soit moins habituel.

Enchaînement de ces accords

  1. Les enharmonies sont des notes qui sonnent de la même façon ; elles sont comme des notes communes et doivent donc rester à la même voix.
  2. Les sons communs, s’il y en a, restent en liaison harmonique.
  3. Les sauts (seulement s’ils sont inévitables) sont préférables aux voix intermédiaires.

Enharmonie

Dans l’exemple précédent, les quintes apparemment consécutives entre la basse et le ténor n’existent pas, car la basse conserve le même son.

Procédé pour moduler par enharmonie

Le procédé pour moduler est fondamentalement le même que pour les autres modulations :

Modulation avec les accords de quinte augmentée ou de septième diminuée.

  • Définir la première tonalité.
  • Choisir un accord de quinte augmentée ou de septième diminuée commun aux deux tonalités.
  • Définir la seconde tonalité.

Modulation avec les autres accords

  • Définir la première tonalité.
  • Choisir un accord de la première tonalité ayant une ou plusieurs notes pouvant être enharmonisées avec celles d’un accord de la seconde tonalité.
  • Enchaîner avec l’accord de la seconde tonalité.
  • Définir la seconde tonalité.

a) Modulation enharmonique avec l’accord de quinte augmentée

Enharmonie

b) Modulation enharmonique avec l’accord de septième diminuée

Enharmonie 1

c) Modulation enharmonique avec d’autres accords

Enharmonie 2

d) Modulation enharmonique avec d’autres accords

Enharmonie 3

La modulation directe

Ce type de modulation change de tonalité de façon directe, sans accord pivot ni notes communes. C’est une technique audacieuse et efficace pour créer du contraste et maintenir l’intérêt de l’auditeur.

  • Exemple : modulation directe de do majeur à la majeur, en changeant brusquement, sans préparation.

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Conclusion sur la modulation

La modulation est une technique fondamentale de la composition musicale, qui permet aux musiciens d’explorer de nouvelles tonalités et d’enrichir leurs créations de diversité et de profondeur harmonique. Chaque type de modulation — diatonique, chromatique, par emprunt modal, par dominante secondaire, enharmonique ou directe — offre un ensemble unique de possibilités et de défis. Comprendre et maîtriser ces techniques élargit non seulement le vocabulaire musical du compositeur, mais enrichit aussi l’expérience de l’auditeur, en maintenant son intérêt et son émotion tout au long d’une pièce.

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